Dorure sur bois

On ne retient souvent du métier de doreur sur bois que la pose des feuilles d’or par un geste à la fois magique et technique. C’est oublier le long travail de préparation du support, depuis son "dégagement" jusqu’à sa "reparure".

De la poussière...

Malgré la poussière et parfois la peinture, le bois des cadres ou des miroirs anciens est encore doré. Afin de retrouver le métal sans l’altérer, il faut procéder à l’élimination minutieuse des couches supérieures parasites puis, si besoin est, refixer les feuilles d’or une à une.
A ce stade, le doreur constate les lacunes du support. Il les comble progressivement par l’éventuel ajout d’un fragment de bois manquant et par la pose de douze à quinze couches d’apprêt à base de craie et de colle de peau de lapin.

...à la lumière

Cet enduit empâte les sculptures, la reparure les révèle. Cette étape de remodelage s’effectue à l’aide de fers ronds ou carrés. Elle permet la mise en valeur des arêtes et des détails sans pour autant ôter le galbe obtenu.
Après l’application de l’assiette, ultime couche, souvent colorée en brun rouge, un pinceau humide rend à nouveau les apprêts collants, l’objet est alors prêt à recevoir les feuilles d’or d’un micron d’épaisseur.
Appuyé, légèrement brossé, l’or est ensuite lissé et atténué avec des brunissoirs, outils spécifiques en pierre d’agate. Les mats et brillants valorisent les motifs et accrochent durablement la lumière.
Dans les intérieurs sombres, des châteaux ou des églises, les boiseries et les encadrements dorés démultiplient une lumière insuffisante mais chaleureuse.

Restaurateur soucieux de pratiquer sur les objets des interventions toujours réversibles, le doreur sur bois peut également appliquer sa technique à la dorure d’autres matériaux pour des copies d’ancien ou des créations contemporaines.